Et les fois où je trouve ça dur de repartir

Je vis à Paris depuis 2008. L’été 2007, j’ai rencontré un gars à Paris pendant un voyage/stage, et après avoir dû rentrer pour terminer ma dernière session d’université, j’ai lâché ma job et mon appart pour venir dans la Ville Lumière.

*Texte à l’origine publié pour Les Rockalouves*

Quoi de mieux que de découvrir Paris avec un nouvel amoureux ? Par la suite, il y aura des hauts et des bas, je commencerai à avoir une vie plus normale et faire moins touriste, je finirai par quitter le mec en question… mais 7 ans plus tard, je serai toujours à Paris. J’ai une bonne job ici pour l’instant, et surtout, c’est tellement facile de voyager depuis l’Europe ! Plein de destinations sont à portée de main, même pour un court week-end, en plus des tonnes de compagnies aériennes low-cost qui se font compétition pour mon plus grand plaisir. En plus, le vin n’est pas cher. Quoi demander de mieux ?

Tout ce qui me manque ici, c’est ma famille, mes amis et le bon lait du Québec. Pis toutes les autres cochonneries sucrées ou grasses que je ne retrouve pas en France bien sûr ! C’est pourquoi faut bien que je retourne « chez nous » de temps en temps, au moins une fois par année.

C’est tellement le fun de retrouver mon monde, ma famille et mes amis, comme si on s’était vu hier. Surtout ma nièce qui s’en vient de plus en plus cute, et même mon filleul qui ne me reconnaît pas encore et qui me boude niveau câlin… Je profite à fond du temps passé avec ma mère, je vois le plus d’amis possible, et je retrouve ces moments où je ne faisais pas nécessairement grand-chose avec eux, sinon de niaiser sur le divan en regardant la télé ou en jouant à un jeu d’ordinateur « comme dans le temps », comme si je n’étais jamais partie.

Sauf qu’au bout de mes deux semaines habituelles, mon départ approche et j’ai comme une boule dans le ventre qui grossit au fur et à mesure que l’heure de partir pour l’aéroport se rapproche. Pis les 3 maudites heures d’attente me paraissent tellement plus longues au retour parce que me sens 100 fois plus seule à me demander pourquoi je quitte encore ceux que je suis venue retrouver.

La dernière fois que je suis rentrée au Québec, j’y passais un peu plus longtemps, et mon meilleur ami m’a dit qu’on avait passé trop de temps ensemble… Je ne comprenais pas avant qu’il m’explique « que d’habitude, si on se voit juste un petit peu, c’est comme plus facile quand tu repars… ». Ouch. Comme si le fait de passer parfois en coup de vent était plus facile au final pour pouvoir se dire que ma présence était une hallucination et de continuer à vivre comme si je n’existais pas vraiment en réalité et que ma courte présence n’avait été qu’un mirage.

J’aurais pu pleurer quand il m’a dit ça. Je fais la fière comme ça, mais je trouve ça tellement dur parfois et je m’ennuie tellement de lui et des autres. Mais j’ai retenu mes larmes. Après tout, c’est moi qui ai décidé de partir, non ?

Dudy (qui parfois s’ennuie)

Photo d’une époque où j’étais encore au Québec

Photo d’une époque où j’étais encore au Québec

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