Et la fois où j’ai joué avec des gros guns en robe de soirée

Comme j’ai presque autant de plaisir à préparer mes voyages qu’à les vivre, j’utilise beaucoup les sites comme le Routard pour avoir une idée d’itinéraire à adapter, ou TripAdvisor pour me donner des idées de choses à faire.

*Texte à l’origine publié pour Les Rockalouves*

En général, les activités proposées en top 10 sont généralement sans grande surprise : principaux monuments, châteaux, musées, parcs… D’où mon étonnement le jour où j’ai voulu planifier mon long week-end à Budapest où se trouvait en première place le Celeritas Shooting Club. Comprenant qu’il s’agissait d’un club de tir (d’armes à feu), je suis un peu perplexe, et je me dis que jamais je n’allais faire ça. Mais ma curiosité est piquée ; les commentaires sont excellents, tant par ceux qui venaient célébrer des enterrements de vie de garçon que par des femmes.

Cinq minutes plus tard, je réservais une session, décidant que ce serait mon challenge du week-end. (En vérifiant aujourd’hui, le numéro un sur TripAdvisor est un musée de machines à boule. Original, mais l’expérience n’aurait surement pas été la même !)

J’arrive donc à Budapest, une ville magnifique soit dit en passant, et après avoir retrouvé mon studio à deux pas du Parlement, je me balade un peu avant qu’il soit l’heure de me diriger au club. C’est en dehors du centre, donc environ 1h avec le tramway et le RER (un train qui semble sortir d’une autre époque). Au moment de descendre, je me retrouve dans ce qui semble être un parc industriel, pas trop bien indiqué, et à ce moment-là je me demande si je ne vais pas me retrouver victime d’un film du genre Hostel.

Une fois l’entrée trouvée, on se retrouve dans le sous-sol vouté d’un bâtiment, dans une salle d’attente avec une grille du genre prison qui nous sépare de la « zone armée ». On remplit un formulaire avec quelques notions de sécurité, et surtout une clause de non-responsabilité ! (Est-ce que j’avais prévenu ma mère que j’allais là, moi ?). On vient enfin nous chercher, avec les lunettes et le casque pour protéger nos tympans, et on nous fait passer du côté de la salle de tir. Toutes les armes sont étalées sur la table et on nous fait une belle présentation, comme si c’était des Tupperware. Il y a tout un choix de packages selon les armes qu’on veut essayer. Personnellement, j’avais opté pour le « Greatest Hits » qui me semblait contenir tous les noms que je connaissais grâce aux films et aux romans : Ruger, Glock, Smith & Wesson… et dans les plus gros, un Uzi, une Kalashnikov et un fusil à pompe ! Moi qui ne peux m’empêcher de fermer les yeux chaque fois que je donne un coup de marteau, ce n’était pas gagné…

Un aperçu du pack 'Greatest Hits'

Un aperçu du pack ‘Greatest Hits’

Malgré la fraîcheur de la cave, j’ai l’impression que les 40˚ de l’extérieur nous rattrapent. Je n’ai jamais trippé sur les armes en général et j’avais vraiment la chienne (de tuer quelqu’un involontairement, bien entendu). Mais les gars du club sont des pros, et je me porte finalement volontaire pour tirer en premier. Consignes de bases : ne vise pas le plafond, ni le plancher, et pointe toujours l’arme devant toi. Simple mais efficace.

Je commence donc avec le plus petit. Bon ok c’est pas si pire… puis un semi-automatique… « Place bien ta main si tu veux pas te faire arracher la petite peau entre le pouce et l’index avec le recul du chargeur ! »… Puis vient le calibre Magnum. Il est lourd. J’ai les mains moites et je sens que je vais l’échapper. Quand je tire, je vois le feu exploser un peu trop proche de mes lunettes embuées par ma sueur. Et le gun remonte à 90 degrés vu la force du tir. Je capote un peu! Je ne peux pas encore dire que j’aime ça à ce stade-là, mais je peux dire que je réalise vraiment tout ce que ça implique d’avoir une arme à feu entre les mains ! Puis on passe aux gros guns qu’on voit dans les films de guerre. J’ai mal partout (mine de rien c’est lourd tout ce bordel !) et je suis toujours aussi stressée. Après un coup de fusil à pompe, je dois le redéposer parce que j’ai plus de force. C’est là que le gars me propose de le tenir au niveau de la hanche, charger et tirer. Et là je me suis vraiment trouvée cool !

Une fois terminé, je peux enfin relaxer, car c’est maintenant le temps du shooting photo ! Pas mal moins stressant quand toutes ces belles armes sont enfin déchargées ! C’est d’ailleurs là que la robe de soirée intervient.

J’avais une amie à l’époque qui avait visité le Portugal, et sur les photos je la voyais en petit talons hauts… Je lui disais que ça n’avait aucun sens de visiter une ville comme ça, et que dans ce cas j’irais bien tirer en robe. J’ai sans doute eu l’air un peu fou devant le reste du groupe, mais telle Mme Smith (sans son Mr Smith, par contre), j’ai pu faire un shooting très drôle et ça m’a fait des souvenirs plus originaux encore !

Dudy alias Mme Smith

Dudy alias Mme Smith

Car comme disait le gars qui prenait des photos vraiment chouettes : « Qu’est-ce qui est mieux qu’un Smith & Wesson ?… Deux Smith & Wesson ! ».

'Qu'est-ce qui est mieux qu'un Smith & Wesson? DEUX Smith & Wesson!' -Le coach

‘Qu’est-ce qui est mieux qu’un Smith & Wesson? DEUX Smith & Wesson!’ -Le coach

NB : J’espère que vous aurez compris que je ne fais pas du tout l’apologie des armes à feu dans ce texte ! Je continue à en avoir un peur, et même si dans un contexte bien encadré comme celui-là j’ai pu (finalement) prendre plaisir à essayer de viser le front de ma cible en papier, tu prends vraiment conscience du fait que ce n’est pas un jouet, que c’est pas aussi simple à manier que ce que les jeux vidéo ou le ciné nous laissent croire, mais surtout que le danger est sérieux. Je continue toujours de penser que ça devrait être interdit partout dans le monde ! Mais l’expérience en valait la peine… Peace !

Je vous laisse d’ailleurs sur une petite vidéo qui vous montre mon désespoir à la dernière seconde!

Dudy (Mme Smith)

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