Et la fois où mon départ était imminent

Fini les décomptes J-X ou le nombre de dodos qu’il reste avant de partir ; dans une heure, je quitte mon appartement (et mon chat) pour mon prochain voyage, chargée de mon sac à dos qui contient toute ma vie pour le prochain mois. Et oui, je suis stressée et j’ai mal au ventre !

Les gens autour de moi me disent toujours qu’avec tous mes voyages, je ne devrais pas être inquiète. Et je ne le suis pas évidemment pour des week-ends à l’étranger ou pas trop loin. Mais quand je pars longtemps et loin, eh bien je dois avouer que oui, je passe par toutes sortes d’émotions ! Et cette fois, c’est mon plus long voyage jusqu’à ce jour, alors je ne vous dis pas tout ce qui me passe par la tête! Est-ce que j’ai tout? Est-ce que j’ai trop? Est-ce que ça va bien se passer? Est-ce que mon itinéraire est réaliste? Est-ce que je vais trouver ça dur de passer Noël sans ma famille ou mes amis? Etc, etc.

Je pars toute seule 1 mois en Argentine (et un peu au Brésil), et là tout de suite, j’ai encore une petite voix qui me dit que je suis un peu folle. Parce que je suis un peu moumoune malgré tout ! Je suis excitée bien sûr, parce que ça fait 10 ans que j’aurais dû aller en Argentine ; j’avais acheté un beau sac à dos de voyage spécialement pour y aller, mais ce voyage qui devait déjà durer un mois à l’époque n’avait jamais eu lieu. Maintenant que je suis prête à partir, j’ai pourtant la boule au ventre !

En même temps, je pense que si je n’étais pas dans tous mes états, ce ne serait pas normal et j’arrêterais de voyager ! Sans ce petit stress qui rend la chose si excitante, à quoi bon ? C’est un peu comme une date qui approche, où tu sais que tu vas embrasser ton kick pour la première fois… Et une fois que tu y es, tu te rends compte que c’est là que tu dois être à ce moment précis et que tout va être ben correct ensuite.

Alors voilà, je pars les mains moites et avec des papillons dans le ventre, mais aussi avec les yeux brillants juste à imaginer tous ces paysages que je vais voir, ce steak argentin que je vais manger, ce vin que je vais boire et les souvenirs que je vais rapporter.

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Je vous revois dans un mois avec plus d’aventures à raconter !

Des besos,

Dudy

Et les fois où je trouve ça dur de repartir

Je vis à Paris depuis 2008. L’été 2007, j’ai rencontré un gars à Paris pendant un voyage/stage, et après avoir dû rentrer pour terminer ma dernière session d’université, j’ai lâché ma job et mon appart pour venir dans la Ville Lumière.

*Texte à l’origine publié pour Les Rockalouves*

Quoi de mieux que de découvrir Paris avec un nouvel amoureux ? Par la suite, il y aura des hauts et des bas, je commencerai à avoir une vie plus normale et faire moins touriste, je finirai par quitter le mec en question… mais 7 ans plus tard, je serai toujours à Paris. J’ai une bonne job ici pour l’instant, et surtout, c’est tellement facile de voyager depuis l’Europe ! Plein de destinations sont à portée de main, même pour un court week-end, en plus des tonnes de compagnies aériennes low-cost qui se font compétition pour mon plus grand plaisir. En plus, le vin n’est pas cher. Quoi demander de mieux ?

Tout ce qui me manque ici, c’est ma famille, mes amis et le bon lait du Québec. Pis toutes les autres cochonneries sucrées ou grasses que je ne retrouve pas en France bien sûr ! C’est pourquoi faut bien que je retourne « chez nous » de temps en temps, au moins une fois par année.

C’est tellement le fun de retrouver mon monde, ma famille et mes amis, comme si on s’était vu hier. Surtout ma nièce qui s’en vient de plus en plus cute, et même mon filleul qui ne me reconnaît pas encore et qui me boude niveau câlin… Je profite à fond du temps passé avec ma mère, je vois le plus d’amis possible, et je retrouve ces moments où je ne faisais pas nécessairement grand-chose avec eux, sinon de niaiser sur le divan en regardant la télé ou en jouant à un jeu d’ordinateur « comme dans le temps », comme si je n’étais jamais partie.

Sauf qu’au bout de mes deux semaines habituelles, mon départ approche et j’ai comme une boule dans le ventre qui grossit au fur et à mesure que l’heure de partir pour l’aéroport se rapproche. Pis les 3 maudites heures d’attente me paraissent tellement plus longues au retour parce que me sens 100 fois plus seule à me demander pourquoi je quitte encore ceux que je suis venue retrouver.

La dernière fois que je suis rentrée au Québec, j’y passais un peu plus longtemps, et mon meilleur ami m’a dit qu’on avait passé trop de temps ensemble… Je ne comprenais pas avant qu’il m’explique « que d’habitude, si on se voit juste un petit peu, c’est comme plus facile quand tu repars… ». Ouch. Comme si le fait de passer parfois en coup de vent était plus facile au final pour pouvoir se dire que ma présence était une hallucination et de continuer à vivre comme si je n’existais pas vraiment en réalité et que ma courte présence n’avait été qu’un mirage.

J’aurais pu pleurer quand il m’a dit ça. Je fais la fière comme ça, mais je trouve ça tellement dur parfois et je m’ennuie tellement de lui et des autres. Mais j’ai retenu mes larmes. Après tout, c’est moi qui ai décidé de partir, non ?

Dudy (qui parfois s’ennuie)

Photo d’une époque où j’étais encore au Québec

Photo d’une époque où j’étais encore au Québec