Et la fois où j’ai mangé comme une cochonne à Porto

Je sais, si on pense à la ville de Porto, on s’imagine plutôt en train de boire que de manger. Mais moi, je n’ai jamais vraiment compris l’intérêt de boire du vin accompagné de chocolat.

*Texte à l’origine publié pour Les Rockalouves*

Et pendant mon week-end à Porto, mon coup de cœur n’a pas été la dégustation de porto aux Caves Kopke (même si c’était très sympathique), mais plutôt la découverte de la Taberna Santo Antonio !

Dégustation de Porto

Dégustation de Porto

En effet, je suis arrivée à Porto en fin de soirée avec mon amie, et il pleuvait tellement que nous avions juste envie de trouver notre hôtel, aller manger, et rentrer. Sur les bons conseils du réceptionniste, on se dirige vers ce restaurant (qui n’en avait pas vraiment l’air vu de l’extérieur) et on y entre sans trop de conviction. Et c’est là que la magie a commencé ! On se rend compte que l’endroit est géré par une famille (qui parle français en plus !). Le garçon au service et la mère en cuisine. On est accueillies comme si on était de vieux amis, gentiment mais sans chichis, et on nous fait goûter le vinho verde tout en nous expliquant le menu. En effet, pas de menu traduit en anglais pour les touristes. Ici, le menu écrit en portugais change tous les jours en fonction des envies de la mamã. On commence donc avec nos entrées, et notre quart de vin chacune (pas de vinho verde pour moi, ce sera du rouge !). On passe ensuite au plat principal… My God, c’est immense !

J’avais opté pour la francesinha, question de commencer par un plat typique. On pourrait comparer ça un à genre de croque-monsieur (pain, jambon, fromage), servi avec un œuf sur le dessus et plein de sauce. Servi avec des frittes, au cas où ça ne suffirait pas… Mon amie avait quant à elle opté pour un autre classique, lebacalhau (morue) accompagné de arroz de feijão (riz aux haricots). Je ne pourrais pas dire pour le poisson, mais le riz était tellement bon que j’en ai mangé malgré ma propre assiette d’ogresse ! Je pense qu’à ce moment-là, on avait déjà dû déboutonner nos pantalons… Mais quand on nous a offert le dessert, on ne pouvait juste pas refuser.  Cet endroit était reconnu pour sa mousse au chocolat, il y avait même un article de journal sur celle-ci accroché au mur, alors il fallait bien tester !

Notre repas « léger »

Notre repas « léger »

La soirée avançait, et à force de discuter avec le serveur et la mère qui venait s’assurer qu’on se régalait, et de prendre des photos avec eux, on se sentait vraiment comme à la maison. On prend donc le digestif, une eau de vie qui nous a bien arrachés la gueule (même pour des alcoolo comme nous !). Mais il fallait bien quitter à un moment ou à un autre (pour mieux revenir !), alors on finit par demander l’addition : un gros total de 23 euros. On regarde et regarde encore, on se dit qu’ils ont dû oublier quelque chose ! Mais non. Entrée, plat, dessert, quart de vin et digestifs en quantité et qualité ; le tout dans une ambiance des plus chaleureuses pour un gros 11.50 euros par personne.

Porto, je t’ai aimé dès le premier soir !

Dudy (la grosse)

unnamedPour toutes mes photos de Porto, c’est ici!

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Et les fois où je trouve ça dur de repartir

Je vis à Paris depuis 2008. L’été 2007, j’ai rencontré un gars à Paris pendant un voyage/stage, et après avoir dû rentrer pour terminer ma dernière session d’université, j’ai lâché ma job et mon appart pour venir dans la Ville Lumière.

*Texte à l’origine publié pour Les Rockalouves*

Quoi de mieux que de découvrir Paris avec un nouvel amoureux ? Par la suite, il y aura des hauts et des bas, je commencerai à avoir une vie plus normale et faire moins touriste, je finirai par quitter le mec en question… mais 7 ans plus tard, je serai toujours à Paris. J’ai une bonne job ici pour l’instant, et surtout, c’est tellement facile de voyager depuis l’Europe ! Plein de destinations sont à portée de main, même pour un court week-end, en plus des tonnes de compagnies aériennes low-cost qui se font compétition pour mon plus grand plaisir. En plus, le vin n’est pas cher. Quoi demander de mieux ?

Tout ce qui me manque ici, c’est ma famille, mes amis et le bon lait du Québec. Pis toutes les autres cochonneries sucrées ou grasses que je ne retrouve pas en France bien sûr ! C’est pourquoi faut bien que je retourne « chez nous » de temps en temps, au moins une fois par année.

C’est tellement le fun de retrouver mon monde, ma famille et mes amis, comme si on s’était vu hier. Surtout ma nièce qui s’en vient de plus en plus cute, et même mon filleul qui ne me reconnaît pas encore et qui me boude niveau câlin… Je profite à fond du temps passé avec ma mère, je vois le plus d’amis possible, et je retrouve ces moments où je ne faisais pas nécessairement grand-chose avec eux, sinon de niaiser sur le divan en regardant la télé ou en jouant à un jeu d’ordinateur « comme dans le temps », comme si je n’étais jamais partie.

Sauf qu’au bout de mes deux semaines habituelles, mon départ approche et j’ai comme une boule dans le ventre qui grossit au fur et à mesure que l’heure de partir pour l’aéroport se rapproche. Pis les 3 maudites heures d’attente me paraissent tellement plus longues au retour parce que me sens 100 fois plus seule à me demander pourquoi je quitte encore ceux que je suis venue retrouver.

La dernière fois que je suis rentrée au Québec, j’y passais un peu plus longtemps, et mon meilleur ami m’a dit qu’on avait passé trop de temps ensemble… Je ne comprenais pas avant qu’il m’explique « que d’habitude, si on se voit juste un petit peu, c’est comme plus facile quand tu repars… ». Ouch. Comme si le fait de passer parfois en coup de vent était plus facile au final pour pouvoir se dire que ma présence était une hallucination et de continuer à vivre comme si je n’existais pas vraiment en réalité et que ma courte présence n’avait été qu’un mirage.

J’aurais pu pleurer quand il m’a dit ça. Je fais la fière comme ça, mais je trouve ça tellement dur parfois et je m’ennuie tellement de lui et des autres. Mais j’ai retenu mes larmes. Après tout, c’est moi qui ai décidé de partir, non ?

Dudy (qui parfois s’ennuie)

Photo d’une époque où j’étais encore au Québec

Photo d’une époque où j’étais encore au Québec

Et la fois où j’ai joué avec des gros guns en robe de soirée

Comme j’ai presque autant de plaisir à préparer mes voyages qu’à les vivre, j’utilise beaucoup les sites comme le Routard pour avoir une idée d’itinéraire à adapter, ou TripAdvisor pour me donner des idées de choses à faire.

*Texte à l’origine publié pour Les Rockalouves*

En général, les activités proposées en top 10 sont généralement sans grande surprise : principaux monuments, châteaux, musées, parcs… D’où mon étonnement le jour où j’ai voulu planifier mon long week-end à Budapest où se trouvait en première place le Celeritas Shooting Club. Comprenant qu’il s’agissait d’un club de tir (d’armes à feu), je suis un peu perplexe, et je me dis que jamais je n’allais faire ça. Mais ma curiosité est piquée ; les commentaires sont excellents, tant par ceux qui venaient célébrer des enterrements de vie de garçon que par des femmes.

Cinq minutes plus tard, je réservais une session, décidant que ce serait mon challenge du week-end. (En vérifiant aujourd’hui, le numéro un sur TripAdvisor est un musée de machines à boule. Original, mais l’expérience n’aurait surement pas été la même !)

J’arrive donc à Budapest, une ville magnifique soit dit en passant, et après avoir retrouvé mon studio à deux pas du Parlement, je me balade un peu avant qu’il soit l’heure de me diriger au club. C’est en dehors du centre, donc environ 1h avec le tramway et le RER (un train qui semble sortir d’une autre époque). Au moment de descendre, je me retrouve dans ce qui semble être un parc industriel, pas trop bien indiqué, et à ce moment-là je me demande si je ne vais pas me retrouver victime d’un film du genre Hostel.

Une fois l’entrée trouvée, on se retrouve dans le sous-sol vouté d’un bâtiment, dans une salle d’attente avec une grille du genre prison qui nous sépare de la « zone armée ». On remplit un formulaire avec quelques notions de sécurité, et surtout une clause de non-responsabilité ! (Est-ce que j’avais prévenu ma mère que j’allais là, moi ?). On vient enfin nous chercher, avec les lunettes et le casque pour protéger nos tympans, et on nous fait passer du côté de la salle de tir. Toutes les armes sont étalées sur la table et on nous fait une belle présentation, comme si c’était des Tupperware. Il y a tout un choix de packages selon les armes qu’on veut essayer. Personnellement, j’avais opté pour le « Greatest Hits » qui me semblait contenir tous les noms que je connaissais grâce aux films et aux romans : Ruger, Glock, Smith & Wesson… et dans les plus gros, un Uzi, une Kalashnikov et un fusil à pompe ! Moi qui ne peux m’empêcher de fermer les yeux chaque fois que je donne un coup de marteau, ce n’était pas gagné…

Un aperçu du pack 'Greatest Hits'

Un aperçu du pack ‘Greatest Hits’

Malgré la fraîcheur de la cave, j’ai l’impression que les 40˚ de l’extérieur nous rattrapent. Je n’ai jamais trippé sur les armes en général et j’avais vraiment la chienne (de tuer quelqu’un involontairement, bien entendu). Mais les gars du club sont des pros, et je me porte finalement volontaire pour tirer en premier. Consignes de bases : ne vise pas le plafond, ni le plancher, et pointe toujours l’arme devant toi. Simple mais efficace.

Je commence donc avec le plus petit. Bon ok c’est pas si pire… puis un semi-automatique… « Place bien ta main si tu veux pas te faire arracher la petite peau entre le pouce et l’index avec le recul du chargeur ! »… Puis vient le calibre Magnum. Il est lourd. J’ai les mains moites et je sens que je vais l’échapper. Quand je tire, je vois le feu exploser un peu trop proche de mes lunettes embuées par ma sueur. Et le gun remonte à 90 degrés vu la force du tir. Je capote un peu! Je ne peux pas encore dire que j’aime ça à ce stade-là, mais je peux dire que je réalise vraiment tout ce que ça implique d’avoir une arme à feu entre les mains ! Puis on passe aux gros guns qu’on voit dans les films de guerre. J’ai mal partout (mine de rien c’est lourd tout ce bordel !) et je suis toujours aussi stressée. Après un coup de fusil à pompe, je dois le redéposer parce que j’ai plus de force. C’est là que le gars me propose de le tenir au niveau de la hanche, charger et tirer. Et là je me suis vraiment trouvée cool !

Une fois terminé, je peux enfin relaxer, car c’est maintenant le temps du shooting photo ! Pas mal moins stressant quand toutes ces belles armes sont enfin déchargées ! C’est d’ailleurs là que la robe de soirée intervient.

J’avais une amie à l’époque qui avait visité le Portugal, et sur les photos je la voyais en petit talons hauts… Je lui disais que ça n’avait aucun sens de visiter une ville comme ça, et que dans ce cas j’irais bien tirer en robe. J’ai sans doute eu l’air un peu fou devant le reste du groupe, mais telle Mme Smith (sans son Mr Smith, par contre), j’ai pu faire un shooting très drôle et ça m’a fait des souvenirs plus originaux encore !

Dudy alias Mme Smith

Dudy alias Mme Smith

Car comme disait le gars qui prenait des photos vraiment chouettes : « Qu’est-ce qui est mieux qu’un Smith & Wesson ?… Deux Smith & Wesson ! ».

'Qu'est-ce qui est mieux qu'un Smith & Wesson? DEUX Smith & Wesson!' -Le coach

‘Qu’est-ce qui est mieux qu’un Smith & Wesson? DEUX Smith & Wesson!’ -Le coach

NB : J’espère que vous aurez compris que je ne fais pas du tout l’apologie des armes à feu dans ce texte ! Je continue à en avoir un peur, et même si dans un contexte bien encadré comme celui-là j’ai pu (finalement) prendre plaisir à essayer de viser le front de ma cible en papier, tu prends vraiment conscience du fait que ce n’est pas un jouet, que c’est pas aussi simple à manier que ce que les jeux vidéo ou le ciné nous laissent croire, mais surtout que le danger est sérieux. Je continue toujours de penser que ça devrait être interdit partout dans le monde ! Mais l’expérience en valait la peine… Peace !

Je vous laisse d’ailleurs sur une petite vidéo qui vous montre mon désespoir à la dernière seconde!

Dudy (Mme Smith)