Et la fois où je déjeunais au sommet

Je ne suis pas très sportive à la base, mais je peux marcher longtemps quand je visite un nouvel endroit, et j’aime aussi me donner des petits défis. Pendant mon séjour dans les Balkans, j’avais donc planifié faire la randonnée du mont Vrmac, entre les villes de Kotor et Tivat. Mais en arrivant à Kotor, et en contemplant les montagnes autour, je les trouvais tout à coup bien hautes et moi bien petite! Et j’avoue que j’étais un peu stressée car j’avais trouvé peu d’information en ligne sur cet itinéraire à part le fait que ça prenait entre 6 et 8 heures, et j’avais le sentiment que j’allais m’y égarer toute seule et mourir de faim (bon, j’exagère un peu mais quand même!).

Le défi: le Mont Vrmac

J’ai eu la chance de louer un appartement chez des gens super sympas (la photo juste au-dessus a d’ailleurs été prise juste devant), j’ai donc eu un lift en scooter jusqu’à la base du sentier vers 8h du matin. Et le propriétaire m’a aussi rassurée que c’était facile et que j’avais juste besoin d’une grande bouteille d’eau (et pas nécessairement de toute la bouffe dans mon sac)! Mais bon, on ne sait jamais…

Le début du sentier depuis Kotor qui mène à l’ancien Fort Vrmac n’est pas évident à repérer, il se trouve près d’une entrée de propriété privée et pour l’éviter j’ai gravi une pente de gros cailloux avant de tomber sur un sentier bien délimité ensuite. C’est la partie qui monte le plus, mais comme c’est en zigzag, ce n’était pas trop difficile. Et la vue sur la baie de Kotor était déjà plutôt pas mal, ce qui donne un bon petit boost de motivation pour continuer! Sur le chemin, que le bruit de la nature, et une rencontre avec quelques chèvres!

Première étape: sentier en zigzag menant au Fort Vrmac depuis Kotor

Ces chèvres savent apprécier un point de vue de qualité!

Vue depuis la première partie de la montée

Une fois au sommet, il y a quelques campeurs, mais je me concentre plutôt sur une petite exploration du fort abandonné. La porte est grillagée, mais on peut facilement y entrer par une des fenêtres. Il vaut mieux avoir une lampe de poche (dans mon cas la fonction lampe de poche de mon smartphone!) car il y a quand même des trous et c’est très sombre par endroit. Il n’y a rien de spécial à y voir, mais c’est quand même amusant (et un peu creepy?) d’y faire un tour!

Le Fort Vrmac, vestige de l’Empire austro-hongrois

(

L’une des casemates fabriquées par Škoda, qui contenait un canon PH M05 de 10 cm (merci Wikipedia!)

La partie suivante était plutôt facile, un sentier assez large et des arbres tout autour, et quelques bâtiments abandonnés. On es déjà bien en hauteur, et on a souvent de belles vues dégagées des deux côtés de la montagne avant d’arriver à l’antenne radio qu’on peut voir facilement depuis Kotor. Encore un petit effort, et ça y est, c’est le sommet!

La vue y est presque de 360 degrés: la baie de Kotor, ses montagnes, sa verdure… le panorama est à couper le souffle!  Et je suis là, seule au sommet, à contempler toute cette beauté qui semble n’être réservée que pour moi à cet instant précis!

Une petite plate-forme en béton s’y trouve, alors je m’y installe pour mon pique-nique au sommet comme une VIP dans un resto où on m’aurait réservé la meilleure place.

Pas mal comme vue pour luncher, non?

J’en tire 3 conclusions:

1) Ce moment sera définitivement un de mes plus beaux souvenirs de mes 2 semaines dans les Balkans.
2) J’ai effectivement pris trop de bouffe avec moi!
3) Y’a vraiment de la mouche au sommet, et elles sont vraiment insistantes et ça gâche juste un tantinet le moment!

C’est un peu difficile de quitter cet endroit, mais je ne suis qu’à la moitié du parcours alors il faut bien m’y résoudre! Après un court shooting photo et un dernier coup d’œil sur cette vue splendide, je poursuis mon chemin. Je ferai deux nouvelles rencontres sur la route: une vache (au sommet??) et un serpent!

Au cours de la descente, je suis passée par une petit village perdu au milieu de la montagne, avec une petite église et une vue sur la ville de Tivat en contrebas.

J’avais prévu prendre le sentier qui se terminait justement à Tivat, mais vu mon passage au village de Gornja Lastva,  c’était plus simple et logique de poursuivre avec la route asphaltée qui se rend jusqu’à Donja Lastva – elle reste tout de même agréable car au milieu de la montagne et avec de jolies petites fleurs sauvages autour.

Fin de la randonnée à Donja Lastva

Voilà, plus de 18 kilomètres plus tard, j’avais terminé (les 5h ne comprennent pas le temps passé au sommet). Moi qui appréhendais un peu la difficulté de ce parcours, je l’ai trouvé au final relativement facile à parcourir et suivre. Cela ne m’empêchait pas d’avoir les jambes mortes et d’avoir apprécié avoir Google Map pour me rassurer de temps en temps!

Bref, je pense que cette randonnée mériterait un peu plus de publicité, car elle est vraiment super – la difficulté n’étant pas très élevée pour ce qu’on y gagne en beauté des paysages! En même temps, j’étais bien contente  que ce ne soit pas si populaire et d’avoir eu le sommet de la montagne juste pour moi!

Dudy la hiker-amateur

unnamedPour toutes les photos de Kotor (dont toutes celles de la randonnée), c’est ici!

 

Et la fois où j’allais au bout du monde prendre une photo avec une bouteille de gel douche

Une des premières choses que j’ai fait une fois mon billet d’avion principal réservé pour l’Argentine, c’était de prendre un vol pour Ushuaïa. En effet, si je passais un mois dans ce pays, je comptais bien le faire de long en large (enfin, de bas en haut !) pour pouvoir profiter de la variété de ses paysages. C’est ainsi qu’après quelques jours de chaleur écrasante dans la capitale, je me retrouvais au bout du monde.

En effet, Ushuaïa est la ville la plus au sud du continent… après, ce sont quelques villages perdus, puis de la neige ! Juste en arrivant, le petit aéroport tout en bois et son air de réception de centre de ski te donne une idée du coin. Le changement de température se fait vite sentir, mais au moins on se dit qu’on n’a pas apporté sa doudoune, ses gants et son bonnet pour rien ! Depuis mon taxi, j’aperçois déjà les montagnes qui nous entourent et le calme de la ville (bon ok, c’était un dimanche aussi…).

304

La première journée sera plutôt tranquille vu l’heure d’arrivée et un déjeuner tardif avec mes premiers gnocchis argentins (c’est une des spécialités culinaire en dehors de la viande !). Je longerai ensuite le bord de l’eau, en faisant une petite escale au musée qui n’a rien d’épatant mais quand même bien à voir car un des seuls attrait en ville-même… puis je suis arrivée au fameux panneau « Ushuaïa – End of the World » et c’était parti pour un shooting photo, d’ailleurs j’avais apporté ma bouteille de gel douche Ushuaïa spécialement pour l’occasion ! Je sais, j’ai de drôle de trips mais ça me fait marrer, que voulez-vous!

Se laver avec du gel douche Ushuaïa à Ushuaïa, check!

Se laver avec du gel douche Ushuaïa à Ushuaïa, check!

Le deuxième jour, j’avais réservé la très populaire excursion du Beagle Chanel et des pingouins de l’île Martillo (enfin, ce sont des manchots car ils ne volent pas et ne vivent pas dans l’hémisphère Nord !). Nous avons commencé la croisière avec un peu de pluie qui devenait parfois de la neige, donc malgré le froid et la brume au loin, c’était plutôt joli. Nous avons pu faire des pauses près des îles envahies de lions de mer ou de cormorans, passer devant le « faux phare de la fin du monde » avant d’accoster sur la fameuse île aux pingouins.

Les lions de mer du Canal Beagle

Les lions de mer du Canal Beagle

088

Des cormorans et le faux phare de la fin du monde

Le temps s’est gâté alors c’était un peu difficile par moment de prendre des photos ou profiter des centaines de petits manchots de Magellan tout mignons qui nous entouraient ! La pluie et la neige devenait grésil et nous giflait joyeusement le visage et glaçait mes pauvres doigts qui essayaient de tenir ma caméra droite malgré le vent ! C’était la période juste après la naissance des bébés, alors on en voyait beaucoup cachés dans des trous avec leur parent, c’était adorable !

Plein plein plein de manchots!

Plein plein plein de manchots!

Un Manchot Magellan et son poussin

Un Manchot Magellan et son poussin

143

Un petit couple de Manchots Magellan

Un peu plus au centre de l’île, on trouvait aussi un nid de Manchots papou. Nous avons eu de la chance ce jour-là, un Manchot Royal était en visite ! Ces derniers vivent normalement plus au sud encore, mais je pense que celui-là avait envie de se la péter avec ses belles taches jaunes à côté de ses copains noir et blanc !

Manchot Royal parmi les Manchots Papou

Le Manchot Royal devant les Manchots Papou

Nous avons dû quitter car la balade sur l’île est limitée à 1h, question de mieux protéger l’île des touristes. Nous avons pu déjeuner à la plus vieille ferme de la région, l’Estancia Harberton. Je n’ai pas été spécialement impressionnée, peut-être en raison de la météo et du fait que j’étais trempée et congelée et que je ne voulais plus bouger de ma chaise près du poêle ! J’ai quand même participé à la visite guidée de leur petit musée sur la faune marine qui était plutôt intéressante, elle. Sur le chemin du retour en bus, nous avons pu nous arrêter pour photographier les fameux arbres penchés, qui nous prouvaient que le vent aurait pu être encore pire ce jour-là !

Il n'y avait pas de vent à ce moment-là...

Il n’y avait pas de vent à ce moment-là…

Le troisième jour, c’est celui où le soleil a daigné venir nous rejoindre au bout du monde. C’était d’ailleurs fort apprécié, car cette journée était dédiée aux promenades dans le Parc National de la Terre de Feu. Avec mes roomies de l’auberge de jeunesse, nous y avons passé la journée à faire les sentiers plus accessibles pour une journée, et on a bien dû marcher un bon 7h au total. Plein de montagnes et de lacs, pas trop de monde, c’était vraiment un superbe endroit pour la randonnée ! Bon, niveau faune, je n’aurai vu qu’un castor canadien et un lièvre européen, alors on y repassera… J’aurais bien aimé y passer une 2e journée pour tenter la montée jusqu’au Cerro Guanaco, mais ce sera pour une prochaine fois !

202-tierra-del-fuego-national-park

221-tierra-del-fuego-national-park

232-tierra-del-fuego-national-park

238-tierra-del-fuego-national-park

262-tierra-del-fuego-national-park

276-tierra-del-fuego-national-park

285-tierra-del-fuego-national-park

Le quatrième jour, j’avais prévu me lever très tôt et faire le Cerro Martial avant mon vol de l’après-midi, mais le bruit de la pluie dans la fenêtre et la vue des arbres à 45 degrés m’ont convaincu de dormir un peu plus… Plus tard, le temps s’était calmé, alors ma roomie et moi sommes parties dans l’optique de faire au moins une partie du sentier. Nous ne savons pas trop comment nous en sommes arrivées là, mais au final nous avons emprunté des sentiers secondaires qui nous ont tout de même permis de rejoindre des miradors avec de jolies vues sur les montagnes, dont le Martial.

314

Vue du Mirador Beagle

C’est en revenant et voulant suivre un autre sentier (identifiés par des marques de couleur rouge ou bleu jusque-là) que nous avons réussi à nous perdre (ce qui était pratiquement impossible selon ce blogue lu par la suite). Ne sachant pas vers où nous diriger, nous avons fait le choix logique : suivre de nouvelles marques jaunes ! Ce qui s’avère être le VRAI sentier du Cerro Martial, que nous avons heureusement pris dans le sens de la descente car j’aurais sans doute raté mon vol dans le cas contraire !

Bref, que ce soit pour les amoureux de la nature ou les wannabe-randonneurs comme moi qui ont assez de temps ou de budget en Argentine, c’est vraiment un coin magnifique à voir qui dépaysera complètement, surtout en enchaînant avec El Calafate dont je vous parlerai prochainement. Ce qui est sûr en tous cas, c’est que la fin du monde, ça peut être très beau aussi !

Dudy (qui a survécu à la fin du monde)

unnamedPour toutes les photos d’Ushuaïa, c’est ici!